Episode II – Comment la vie m’a fait apprendre ma leçon par deux fois !

(Il s’agit de la suite de l’article précédent. Si vous l’avez pas lu : le voici.)

Avant de mettre un pied au Japon, j’ai fait la rencontre d’un autre homme quelques mois après cette rupture tranchante.

Comme très souvent, le début de la relation était intense, la meilleure version de nous-même était au rendez-vous. Puis après quelques petites semaines de bonheur sans ombre, je perçois quelque chose qui m’inquiète profondément.

Je comprends très vite que mon regard s’était à nouveau posé sur un garçon torturé.
Après 6 mois de relation avec cette personne, la rupture fut brutale : 48h de garde à vue pour lui et je me retrouvais choquée avec la porte de mon appartement défoncée.

J’avais la tête dure n’est ce pas ? Je veux dire j’étais suffisamment têtue pour remettre un pied dans une relation intensément conflictuelle. Alors que croyez-moi, je m’étais dit plus jamais.

Alors pourquoi, ça a recommencé ?

Il m’a fallu des années pour clarifier les programmes à l’œuvre dans ma mécanique psychologique.

J’étais atteinte du syndrome du sauveur. Dans les lignes qui suivent, je vous livre la synthèse des pièges à éviter et des postures à adopter.

***

Très jeune, j’ai développé la pensée que j’étais en capacité de rendre l’autre heureux et que j’étais responsable de son bonheur (mon père, ma mère, ma sœur, tout le monde). Si vous suivez ma pensée, cela signifiait aussi que j’étais coupable de la tristesse de l’autre.

Cela laisse imaginer cette pression sur mes épaules, que je me suis auto-infligée par cette pensée erronée.

Cette croyance était un amalgame :

  • de naïveté (mon amour va sauver le monde),
  • d’informations erronées (mon éducation et mon environnement m’ont amené à croire qu’il fallait faire plaisir, ne pas décevoir sinon les autres sont tristes ou en colère. La mauvaise déduction dans mon esprit m’a laissé croire que si mes actes impactaient autrui alors l’inverse était aussi vrai.)
  • d’orgueil (parce qu’il faut une sacrée estime de soi pour oser penser qu’on est en capacité de sauver le monde)
  • et d’une empathie mal gérée (ressentir l’atmosphère émotionnelle de l’autre et essayer d’agir pour atténuer sa souffrance).

J’ai pris conscience de cela, et j’ai travaillé dur pour m’abstenir de retomber dans mes mauvaises habitudes. Les règles suivantes m’ont permis de mieux comprendre et donc de mieux intégrer les changements nécessaires.

Règle numéro 1 : avoir le consentement de la personne

Quand on veut aider quelqu’un, il faut avant tout avoir son accord. (il est entendu que je ne parle pas des personnes blessées, inconscientes, sous curatelle…)
Par exemple, dans un couple, si je vois mon compagnon rencontrer des difficultés, je peux gentiment proposer mon aide et si ça réponse est oui alors je peux l’aider. Si c’est non, c’est non. Y a pas de bonnes intentions qui comptent.

Règle numéro 2 : Est-ce que je dispose des compétences nécessaires pour aider l’autre ?

Autre exemple : si je vois mon compagnon en difficulté pour fendre du bois (ce qui n’est vrai dans la vraie vie;-)), je ne lui proposerai même pas mon aide étant incapable de me saisir d’un merlin sans attenter à mes orteils. Je ne suis donc pas compétente pour l’aider.

Et si c’est d’ordre émotionnel ?
Et bien, avant de proposer de l’aide, je pense qu’on peut laisser l’autre tranquille et se demander en quoi ça nous gêne de le voir mal. Il nous faut du temps pour digérer certaines choses sur les plans mental et émotionnel. Pourquoi vouloir à tout prix corriger ce déséquilibre temporaire ? Il n’y a rien d’anormal à ce sentir mal de temps en temps.
Ce qui n’est pas normal c’est de rester constamment dans un état de déprime. Pour le reste, donner de l’espace à l’autre et l’écouter véritablement s’il s’exprime (sans donner de conseils, ni même penser à en donner) sont les premières choses à faire. L’autre saura aussi vous dire la plus part du temps ce dont il a besoin.

Donc si c’est « désagréable » de voir l’autre mal, il faut aller en soi pour trouver ce qui a été touché et le soigner.

Oui bien souvent, lorsque nous aidons « systématiquement » l’autre, cela nous renvoie à notre propre difficulté à être témoin de la souffrance de l’autre. Nous ne supportons pas d’être impuissant. Si c’est le cas, il faut réapprendre à ajuster son empathie afin de rester dans notre axe.

Règle numéro 3 : le respect.

Lorsque nous voulons prendre le bonheur de l’autre en charge, c’est comme lui envoyer de pics invisible. Le subconscient de la personne perçoit un signal d’alarme car inconsciemment, il entend ceci :

  • laisse moi t’aider, je vois que tu patauges dans la boue
  • tu n’as pas la capacité de te relever tout seul, je vais le faire pour toi
  • tu n’arrives à rien, je sais comment faire, écoute moi
  • le bonheur moi je connais, je vais te montrer
  • je connais la vérité, tu vis dans l’erreur, etc…

Lorsque nous considérons que l’autre ne peut pas s’en sortir par lui-même, c’est faire preuve d’irrespect et de condescendance. C’est comme si nous avions déjà atteint un degré de bonheur tel (ce qui n’est pas vrai du tout) que nous imposions à l’autre notre imposture en la certifiant comme la vérité absolue.

Beaucoup de chose vont se jouer subconsciemment entre les deux personnes (entre le sauveur et celui à « sauver ») et sans être conscient de ce qui se passe en nous, nous allons avoir profondément envie de rejeter l’autre voire de lui sauter à la gorge dans le pire des cas. Et c’est normal que l’autre réagisse ainsi.

Même si nous prônons la bonne volonté sous des airs de la sainteté, des valeurs de solidarité, d’entraide, de générosité et de compassion, nous envoyons clairement un message très négatif à l’autre. Cela revient à juger et à critiquer ce que fait l’autre.

En comprenant profondément qu’imposer notre aide relève de l’ingérence, nous pouvons observer qu’en agissant ainsi nous privons l’autre de son pouvoir personnel et le déconnectons de sa capacité à se relevé des épreuves difficiles de la vie.

Inexorablement, aider quelqu’un sans son consentement, c’est l’enfer assuré.

Règle numéro 4 : c’est que personne ne peut apporter le bonheur durable à personne.

C’est humain de vouloir penser les plaies d’un être que l’on aime mais si cette personne n’a pas elle-même pansé ses blessures, cela revient à remplir une cruche d’eau percée. Toute l’énergie que vous y mettez fuira inévitablement.

C’est à chacun d’entamer son processus de guérison, de le vouloir et de se faire aider si on juge soi-même que c’est nécessaire.

Règle numéro 5 : charité bien ordonnée commence par soi-même.

Quand nous optons pour la posture du « sauveur », nous avons presque toujours une béance et des blessures qu’il est trop dur de regarder en face. Nous avons souvent appris à avoir une posture de façade lorsque nous sommes dans le monde et nos ami(e)s, notre famille pense que nous sommes toujours forts, toujours bien, toujours heureux et c’est vrai qu’on peut aussi nous en demander beaucoup.

Alors on trouve un soulagement éphémère dans l’aide que nous pouvons apporter à l’autre. Mais à quel prix ? Une vie que nous passons à côté de nous-même, à nous épuiser jusqu’à la fin de nos jours dans des causes perdues qui ne nous apporterons qu’amertume et déception.

***

Il m’aura fallu 2 autres relations sous le signe du syndrome du sauveur (mais beaucoup moins conflictuelles heureusement) soit 9 ans pour comprendre combien je me trompais de chemin et qu’il était grand temps que je m’occupe de moi.

Au cours de ces années, j’avais impulsé des changements dans ma façon de pensée et de me comporter et j’ai pu :

  • guérir de ma boulimie,
  • retrouver une forme olympique et le goût de créer des projets et de les faire aboutir.
  • reprendre mes études et faire un Master avec soutenance en parallèle d’un job à temps plein,
  • lancer officiellement mon activité de magnétiseuse.

J’étais heureuse d’avoir accompli tout cela mais il me manquait encore quelque chose de plus profond, intime.

La deuxième relation a pris fin quand j’ai répondu à la fameuse question qui était tabou et qui me faisait peur :

👉 et moi qu’est ce qui me rendrait heureuse ?

Quand j’ai répondu à cette question début 2015, ma vie a totalement basculé… pour le meilleur.

[Fin de l’épisode II]

—–

Nous sommes tous différents et pourtant nous avons tous des travers semblables.
Si vous souhaitez vous libérer de votre syndrome du sauveur, venez me voir en entretien et en séance de magnétisme, vous retrouverez votre énergie et vous libérerez d’un poids qui pèse depuis trop longtemps inutilement sur vos épaules.

Prenez soin de vous,
Lucie
🙏🌞